
Mes recherches se situent à la croisée entre histoire de l’art, histoire culturelle et sociologie de l’art.
Elles portent d’abord sur l’histoire des institutions de l’art contemporain et des politiques publiques menées dans ce secteur. Ma perspective est résolument internationale, avec une focalisation sur la France, les États-Unis et l’Allemagne – trois pays au cœur du système international de l’art contemporain et néanmoins très différents du point de vue de l’organisation de leurs scènes artistiques respectives comme de l’administration des affaires culturelles.
J’ai ainsi retracé l’histoire de nombreux musées, centres d’art, biennales et espaces alternatifs, et travaillé sur l’histoire des expositions et des collections d’art contemporain depuis 1945, en associant sources d’archives, entretiens et méthodes quantitatives. J’ai également analysé les profondes transformations des rapports entre États et arts visuels depuis les années 1960, dans un contexte de grand essor des politiques culturelles.
Parallèlement à l’étude des institutions publiques de l’art contemporain, je poursuis désormais des recherches sur le marché de l’art. Je m’intéresse en particulier à l’histoire des exposition des galeries, un champ de recherche encore méconnu, qui permet de mettre en lumière les évolutions de longue durée des orientations artistiques promues par les principaux prescripteurs du marché de l’art – et les métamorphoses des goûts des collectionneurs d’art contemporain.
Ces différents projets de recherche sont guidés par un horizon commun : analyser les conditions d’émergence du champ de l’art contemporain dans la seconde moitié du 20e siècle – avec pour hypothèse conductrice que la fin des avant-gardes, l’entrée dans une ère « post-moderne » et l’avènement d’une nouvelle période artistique, qu’on désigne depuis plus d’un demi-siècle du nom d’« art contemporain », tiennent moins à des ruptures techniques ou stylistiques qu’à un profond bouleversement des structures sociales et institutionnelles du champ de l’art.
C’est dans cette perspective que je mène également un travail d’histoire des idées, afin de reconstituer la généalogie d’un certain nombre de concepts qui structurent l’historiographie de l’art moderne et contemporain, à commencer par la notion d’avant-garde, qui a connu de multiples métamorphoses depuis sa naissance dans la France révolutionnaire, et les débats nourris autour de l’idée de postmodernité (ou de postmodernisme), qui ont accompagné la genèse de l’art contemporain des années 1960 aux années 1990.
Enfin, j’explore ce que ces transformations des institutions artistiques disent des redéfinitions des normes de la culture légitime et du goût des « classes cultivées », à travers notamment l’étude des intermédiaires et prescripteurs du champ de l’art (curateurs, galeristes, collectionneurs), de l’après-guerre à nos jours.